Je ne l’entends plus
Elle le pose sur la ligne. Trop grande trop belle. Une impression se dégage de la perfection. Souillée souillée devient la perception comme si la perfection devenait elle aussi intolérable. Une lumière mauve tremble sur son visage. Je découvre une autre personne. Quelqu’un que je cherchais. Dans les coins sombres d’une chambre oubliée. Elle parle d’une voix chaude et destructrice. Je ne l’écoute pas. Les mots semblent inutiles les mots disparaissent. Dans l’innommable comme si les mots ne servent plus ne me servent plus. Ils sont là mourants. Leur présence ne m’intéresse plus. Et je les regarde cruel heureux malsain périr dans une lente et terrible souffrance. Elle parle d’une voix chaude et destructrice. Je ne l’écoute toujours pas. Je la regarde. J’entends ses gestes grands et beaux. Dans la distance obscure de deux êtres. La lumière s’éteint. Ses gestes s’éteignent. Je ne l’entends plus.
Texte: Rodhlann
