Souffrance nouvelle

Sa main tâtonne aveugle cherchant la souffrance nouvelle. La souffrance. La souffrance n’est plus le phénomène passager fuyant. Que l’on s’empresse de plonger dans l’oubli. Que l’on s’efforce de noircir. La voilà la souffrance. La souffrance nouvelle. Le nez cassé d’une fille de la rue. Ombre de la souffrance. Les stigmates d’un suicide vaincu. Artifices de la souffrance. Les larmes sanguines d’une femme délaissée. Soumission de la souffrance. Mais sa main tâtonne aveugle cherchant la souffrance nouvelle. Que les lames du passé ne satisfassent plus les entailles. Que les autoroutes grises ne contentent plus les chagrins du matin. Que les vides urbains ne comblent plus les pas suspendus. Trouble souffrance. Disparition. Mais sa main, elle tâtonne aveugle désavouée continuelle. Mais là voilà la souffrance. La souffrance nouvelle. Belle. Farouche. Assumée.  Et elle se pâme dans les tremblements du plaisir. La vie se pâme elle aussi. Dans la renaissance perpétuelle de cette mort. La voilà la rédemption.

 

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 Photos: Federico Erra

 Texte: Rodhlann


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